Sport Vivre Avec Le Diabète

L’activité physique n’est qu’une partie de l’équation

Dr Sheri Colberg Ochs PhD
Dr Sheri Colberg Ochs PhD

En tant que physiologiste de l’exercice, je me base principalement l’activité physique – dont la pratique augmente l’action de l’insuline, réduit les niveaux de glycémie et facilite le contrôle du diabète – pour contrôler le taux de glycémie. En réalité, il n’est pas toujours évident de reconnaitre ces bienfaits dans de nombreux cas. En fait, il n’est pas aisé de les identifier, à moins de prendre en compte d’autres facteurs qui peuvent avoir un effet égal, sinon plus dramatique, sur le contrôle de la glycémie.

Bien qu’une seule séance d’exercice permette d’améliorer l’action de l’insuline pendant les 2 à 72 heures qui suivent, ses effets dépendent également de la quantité de nourriture ingérée avant, pendant et après l’exercice, de la façon dont vous prenez vos médicaments contre le diabète (en particulier l’insuline), du contrôle préalable de votre taux de glycémie, de combien de temps vous dormez, de si vous êtes stressé ou non, etc. Comme vous pouvez l’imaginer, il n’est pas facile de gérer et de prédire tous les effets possibles de ces différents facteurs.

En rédigeant cet article lors de la journée d’investiture du nouveau président américain (20 janvier 2017), je me suis rappelé à quel point le stress (mental ou physique) pouvait avoir de l’impact sur le contrôle de la glycémie. On a parfois l’impression que le stress peut remplacer les avantages dont vous étiez censés bénéficier à être actifs. Le fait d’être en colère, angoissé, frustré, triste ou déprimé peut annuler l’amélioration de l’action de l’insuline. En revanche, faire de l’exercice après l’apparition de ces sentiments négatifs peut aussi réduire en réduire l’effet. Non seulement l’exercice est excellent un amplificateur de bonne humeur, mais en plus il vous fatigue suffisamment pour que vous n’ayez plus assez d’énergie pour maintenir vos émotions négatives.

Exercer des activités physiques avec le diabète
L’activité physique n’est qu’une partie de l’équation

Le fait d’attraper un mauvais rhume la semaine dernière m’a également rappelé qu’être malade, même modérément, peut vraiment faire des ravages sur le taux de glycémie. Pour moi, il est difficile de faire un exercice autre qu’une marche modérée quand je suis malade, et de toute façon vous ne devriez pas faire des exercices intenses quand vous êtes malade de peur d’aggraver votre maladie. L’exercice réduit considérablement la concentration de cellules immunitaires qui combattent la maladie dans le sang et le surentraînement peut augmenter votre risque de contracter le rhume et la grippe. Si d’habitude vous utilisez l’exercice pour contrôler votre taux de glycémie plus efficacement et que vous en êtes privé pendant que vous êtes malade, vous pourriez vous retrouver face, non pas à un facteur (la maladie) qui peut augmenter votre glycémie, mais à deux facteurs en même temps (le manque d’exercice étant le second). En plus de cela, vous pourriez ne pas dormir aussi bien qu’en temps normal à cause de votre maladie, et le manque de sommeil augmente également la résistance à l’insuline. Il suffit d’un simple rhume pour semer la pagaille dans votre régime de diabète !

Il est aussi incroyablement facile d’annuler les effets de votre dernière séance d’entraînement avec la nourriture. Vous ne vous demandez peut-être pas pendant combien de temps et avec quelle intensité vous devez faire de l’exercice pour dépenser suffisamment de calories pour égaler ce que vous consommez quotidiennement (il en faut beaucoup trop !), mais sachez que la plupart des gens surestiment l’impact de leur exercice et sous-estiment la teneur en calories des aliments qu’ils consomment. La plupart des gens doivent marcher au moins un mille pour brûler près de 100 calories. Une petite poignée de cacahuètes contient près de 200 calories et si vous prenez un hamburger dans un fast-food, vous allez probablement prendre plus de 1 000 calories. Il faut garder à l’esprit que les aliments peuvent facilement avoir un impact encore plus grand sur votre taux de glycémie, sauf si vous êtes l’une de ces personnes, friandes d’exercices, qui dépassent les quantités quotidiennes recommandées (30 minutes d’activité modérée) et qui s’exercent pendant des heures chaque jour.

Si vous vous exercez déjà régulièrement, il peut arriver que vous ne parveniez pas à obtenir le même effet de réduction de la glycémie que quelqu’un qui commence tout juste à s’entrainer. Plus vous vous entrainez, plus votre corps s’adapte à l’activité, ce qui peut augmenter l’utilisation de graisse et réduire celle de la glycémie pendant la même activité. Ainsi, ce qui d’habitude stimulait l’action d’insuline n’aura plus le même effet pour vous, et lorsque vous ne pratiquerez pas vos activités habituelles, vous subirez une hausse de la glycémie, à moins que vous n’augmentiez les doses de vos médicaments ou ne réduisiez la quantité d’aliments que vous consommez (ou les deux).
On pourrait penser que j’essaie de vous décourager de faire régulièrement de l’exercice pour aider au contrôle de votre diabète, mais il n’en est rien. Je vous préviens simplement que plusieurs imprévus peuvent perturber vos activités quotidiennes, alors ménagez-vous si vous n’y arrivez pas à chaque fois. Ne culpabilisez pas et contrôlez votre taux de glycémie du mieux que vous pouvez, et restez actif pour votre santé générale.

Par le Dr Sheri Colberg, Ph.D., FACSM