Santé

Tout savoir sur la dégénérescence maculaire liée à l’âge

Clé de la longévité et d'un vieillissement réussi
Tout savoir sur la dégénérescence maculaire liée à l’âge

On dit souvent de l’œil qu’il est le portail du corps. La santé de l’œil est donc un aspect des plus importants de la santé de l’organisme. Malheureusement l’œil est susceptible de contracter de nombreuses affections surtout avec l’âge. Nous nous intéresserons ici à l’une de ces affections : la dégénérescence maculaire.

La dégénérescence maculaire
Comme son nom l’indique, la dégénérescence maculaire est le résultat de la détérioration de la macula. La macula est une petite zone de la rétine située au fond de l’œil, près du nerf optique. C’est cette partie de la rétine qui donne la meilleure acuité visuelle. C’est grâce à sa vision précise que vous pouvez lire, écrire, reconnaître les détails, les couleurs… en dehors de cette zone, vous pouvez avoir une vision globale de l’environnement mais non une vision précise. D’où son importance.
Cette détérioration de la macula entraîne une perte de vue progressive et parfois très importante. La vision centrale devient de plus en plus floue. Il est important de préciser que le sujet garde sa vision périphérique intacte et ne devient donc pas aveugle. La dégénérescence ne conduit pas à la cécité mais le ralentissement sur le quotidien est majeur. Le patient ne pourra plus lire, écrire, regarder la télé ou conduire mais il pourra se déplacer seul, retrouver ses affaires…
La dégénérescence maculaire est la première cause de perte de vision chez les personnes de plus de 50 ans. D’où son nom de DMLA : Dégénérescence maculaire liée à l’âge. Elle constitue l’une des principales raisons de consultation ophtalmologique. Elle est également une source importante d’angoisse chez les seniors qui subissent une réduction de leurs capacités à effectuer les tâches quotidiennes. C’est un mal qui croît avec l’âge, donc plus on vieillit plus la maladie évolue ou on a plus de chance d’en être atteint. Elle touche les deux yeux mais avec un décalage de quelques années et généralement l’atteinte du 2e œil est beaucoup plus dramatique.
Hormis l’âge, d’autres facteurs peuvent favoriser la maladie. On peut citer par exemple : une exposition solaire importante tout le long de la vie sans protection, un iris clair, l’hypermétropie, l’hypertension artérielle, l’angine de poitrine et le tabagisme. Il existe une forme héréditaire de la maladie qui se déclare durant l’enfance ou l’adolescence. Il s’agit de la maladie de Stargardt.
La maladie n’est perceptible par le patient que lorsqu’il est à un stade avance. Elle se manifeste par les déformations de lignes associées à une baisse d’acuité visuelle. Celle-ci peut ne pas être majeure et peut passer inaperçue lorsqu’un seul œil est atteint. Les chances que le sujet s’en aperçoive à temps est faible à moins qu’il ferme le bon œil fortuitement. Seul un ophtalmologue est capable de détecter les tout premiers signes de la maladie avant que celle-ci n’affecte sérieusement la vue du sujet. La DMLA revêt cliniquement trois formes.

La maculopathie liée à l’âge
C’est la forme la plus fréquente et la plus précoce de la maladie. Elle se manifeste par une vision normale ou une perte de vision modérée avec une gêne pendant la lecture. Le sujet aura besoin d’augmenter l’éclairage lors de ses lectures. A l’examen de la rétine, on note une accumulation de drusen sous forme de petites taches jaunâtres. Ces dépôts sont dus à un défaut d’élimination des déchets lors de l’utilisation normale de la rétine. On distingue des drusen miliaires et des drusens séreux qui eux sont plus volumineux et augmentent avec l’âge. Les premières évoluent généralement vers une atrophie localisée avec un faible retentissement visuel tandis que la seconde est un véritable précurseur de la forme œdémateuse de la maladie. Cette forme de la maladie peut rester stable pendant des années ou évoluer vers les autres formes de la maladie. Le patient doit être averti qu’il est possible qu’apparaissent un jour des symptômes qui l’obligent à consulter.

La forme atrophique ou sèche
Dans cette forme de la maladie, la baisse de vision est lente et progressive sur plusieurs années. La possibilité de lecture sera menacée mais le patient ne sera jamais aveugle. Il gardera un champ visuel utile et pourra suivre l’évolution de la maladie grâce à un examen régulier du champ visuel maculaire. Tout traitement médical fera juste ralentir la maladie.

La forme œdémateuse ou humide
C’est la forme la plus sévère de la maladie. Elle provoque une baisse rapide et importante de l’acuité visuelle avec des métamorphopsies aboutissant en quelques semaines à la perte totale de la fonction maculaire. Elle est liée à l’apparition de neo-vaisseaux qui se développent sous la rétine provoquant ainsi des œdèmes et des hémorragies. Le patient doit consulter un ophtalmologue le plus tôt possible pour espérer avoir des résultats suite au traitement. Parfois les vaisseaux sont difficilement visibles, on les appelle des neo-vaisseaux occultes. Seul ce cas de dégénérescence est traité au laser. Le traitement vise à essayer d’éviter la perte de vision sévère et peut tout au plus arrêter la progression de la maladie.

Traitements possibles pour corriger la dégénérescence maculaire
La forme sèche : pour cette forme il n’existe pas vraiment de traitement. Cependant la prise de supplément de vitamines antioxydantes peut ralentir l’évolution de la maladie. Les médecins recommandent de prendre chaque jour un supplément de vitamines antioxydantes, de minéraux, de substances antioxydantes comme la lutéine. Les compléments antioxydant n’ont pas d’effets préventifs sur la maladie, il faut avoir la maladie avant de les ingérer.

La forme humide : Le traitement direct au laser : le traitement au laser à argon vert ou à krypton est resté pendant longtemps le seul traitement disponible pour traiter les cas de dégénérescence. Le but de ce traitement est de détruire les neo-vaisseaux pour empêcher leur extension et leur saignement. Mais le risque de ce traitement est qu’il détruit aussi la rétine donc il n’est utilisable que pour les neo-vaisseaux visibles situés en dehors de la zone maculaire.

La photothérapie dynamique (PDT): c’est une technique plus récente du traitement au laser. Entre 2000 et 2006, c’était le traitement de référence des neo-vaisseaux. Elle consiste à injecter au sujet malade de la Visudyne, une substance photosensible. La Visudyne va ensuite se fixer sur les neo-vaisseaux qu’on photo-illumine au laser à diode afin de les coaguler. Le laser utilisé est non thermique et de faible intensité. Il ne présente donc aucun danger pour les tissus rétiniens environnants. Cette intervention n’est possible que si les neo-vaisseaux existent et atteignent la fovéa. Elle permet de limiter la perte de vision si elle est pratiquée très tôt. Les résultats d’une telle intervention sont meilleurs si les neo-vaisseaux ne sont pas trop étendus. 3 a 4 séances sont nécessaires en moyenne pour la première année.

Les anti angiogéniques ou anti-VGEF : les plus utilisés sont le Lucentis et le Macugen. Ce traitement est le plus récent et donne des résultats très prometteurs. Le traitement consiste à injecter des anti angiogéniques directement dans l’œil. Ils inhibent la formation des vaisseaux. Il est important de préciser que le traitement doit être précoce, c’est-à-dire le plus tôt possible afin de préserver au maximum la capacité oculaire. En général on observe une stabilisation de la maladie et dans quelques rares cas une légère amélioration de la vue. Ce traitement peut être utilisé seul ou en association avec la PDT. Des deux traitements, le plus efficace est celui aux anti-VGEF. Cependant les neo-vaisseaux récidivent très souvent, ce qui nécessite souvent de nouvelles injections.

Quelques mesures préventives de base
Ne pas fumer : proscrire la cigarette de vos habitudes contribue à prévenir l’apparition de la maladie. Le fait de fumer ou de respirer la fumée de la cigarette altère la circulation sanguine et ce même dans les petits vaisseaux de la rétine.

Veiller à votre alimentation : il est conseillé aux personnes à risques de renforcer leur consommation en antioxydants car les antioxydants ont un effet protecteur sur la rétine. Ces antioxydants sont contenus dans les baies, les légumes verts, les fruits et légumes frais.

Renforcer votre consommation en Omega-3 : pour la même raison qu’il faut consommer plus d’antioxydant. On retrouve ces Omega-3 dans les poissons d’eau froides comme le saumon, le maquereau, la sardine.
Réduire votre apport en gras saturé : ce gras saturé est solide à température ambiante et forme une fois dans l’organisme des plaques de lipides sur la paroi des artères. Les gras saturés sont le beurre, la crème, les graisses de bœuf, de porcs, d’oie, de canard, l’huile de coco, l’huile de palme…

Limiter la consommation de sucre et d’alcool
Faire régulièrement de l’exercice physique afin de protéger la santé cardiovasculaire. Cela permet de prévenir les risques de dégénérescence maculaire.

La DMLA ne doit aujourd’hui plus être considérée comme une fatalité irrémédiable. Certes il réduit considérablement la mobilité et contraint la personne atteinte à abandonner un bon nombre d’habitudes quotidiennes mais des traitements existent pour freiner voir stabiliser la maladie et permettre ainsi aux sujets de maintenir une vie plus ou moins normale. De nombreux autres traitements dont par exemple de la thermothérapie, la rééducation orthoptique basse vision sont utilisés de nos jours pour traiter la DMLA. Tous ces moyens ne se révéleront efficaces que si la maladie est détectée au plus tôt. C’est le plus important. Alors il est primordial de faire régulièrement un bilan de santé en général et des consultations ophtalmologiques en particulier quand on a passé le cap des 50ans.