L’endométriose, une maladie gynécologique difficile à diagnostiquer

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L’endométriose, une maladie gynécologique difficile à diagnostiquer

L’endométriose est une maladie dont on entend de plus en plus parler. Elle touche une part non négligeable de femmes et jusqu’à ce jour n’a pas de diagnostic fixe. Le mal est encore quelque peu méconnu et donc fait des dégâts allant de simples douleurs pelviennes à des risques de stérilité. Cela dit, une fois que le diagnostic est établi, il est possible de freiner les conséquences de cette maladie.

Comment se présente l’endométriose ?
Lors des menstruations, il est possible de ressentir de légères douleurs. Mais lorsque ces douleurs vont jusqu’à vous aliter ou vous amènent à prendre des antalgiques ultra puissants, il y a de quoi se poser des questions. Malheureusement l’endométriose est encore peu connue du public et reste difficile à diagnostiquer. Autrefois le mal était diagnostiqué chez les femmes à partir de 35 ans. Mais l’âge du diagnostic tend à se réduire de plus en plus en raison de nombreuses raisons, dont la précocité de la puberté chez les jeunes filles aujourd’hui.
Normalement, durant le cycle menstruel, l’endomètre réagit aux hormones ovariennes que sont la progestérone et l’œstrogène. Les œstrogène permettent à l’endomètre de se développer et la progestérone va permettre à l’œuf de s’implanter au cas où il y a fécondation. Mais dans le cas contraire, l’endomètre se décompose et est éliminé sous formes de règles. Généralement, le sang perdu est directement éliminé par l’organisme.
Cependant chez les femmes souffrant d’endométriose, le sang n’est pas totalement éliminé. Au contraire, les cellules endométriales se fixent sur des organes où elles ne devraient pas être. Notamment les ovaires, le vagin, l’intestin, le rectum, la vessie, les trompes. Ces bouts de muqueuses adhérentes sur ces organes du bas-ventre suivent le rythme hormonal comme s’ils se trouvaient dans l’utérus. Ils se mettent à saigner pendant les règles, créant ainsi des lésions et des réactions inflammatoires. L’inflammation des tissus cause les douleurs et les cicatrices peuvent se superposer et être à l’origine des kystes, des nodules eux aussi à l’origine de douleurs parfois aiguës.

Les facteurs de risque de l’endométriose
Il est impossible de donner pour le moment une cause exacte à la maladie. Seule sa source, comme nous l’avons défini plus haut, est connue. Mais pourquoi ce phénomène, on l’ignore. Cependant un certain nombre de facteurs de risque ont pu être dégagés.

L’âge : toute femme en mesure de procréer est susceptible de contracter l’endométriose, adolescente ou femme mûre. D’où l’importance du dépistage précoce. On retrouve également des cas d’endométriose post-ménopausiques. L’avantage dans ce dernier cas est qu’elles sont généralement libérées de leurs douleurs.

Troubles menstruels : il a été relevé que les femmes atteintes d’endométriose ont généralement un cycle court, c’est-à-dire moins de 28 jours. Ajoutée à cela des règles abondantes sur une durée prolongée, plus de 7 jours. Cependant il n’est pas prouvé que ces facteurs soient une cause physiopathologique de l’endométriose.

La puberté précoce : un facteur de risque très important.

La corpulence : les femmes ayant un indice de masse corporelle (IMC) plus bas, 30.

La présence d’un terrain auto-immun : on constate que les personnes souffrant de cette pathologie sont généralement porteurs de lupus, de polyarthrites rhumatoïdes, de syndromes de Goujerot, d’hypothyroïdie, de lymphomes non hodgkiniens, de sclérose en plaques, d’asthme ou d’allergie.

Signes cliniques pouvant annoncer une endométriose

Les dysménorrhées
Les dysménorrhées sont les douleurs pelviennes qui surviennent juste avant les règles et qui persistent durant 12 à 72h. On les retrouve chez une grande majorité de personnes atteintes de la maladie. Ce sont des douleurs décrites comme étant intermittentes, précises, spasmodiques irradiant vers les fesses et les cuisses. Elles sont rythmées par les radiations hormonales du cycle. Si ces dysménorrhées sévères, résistantes aux antalgiques simples, ayant un retentissement important sur la vie socioprofessionnelle, il y a lieu de se poser la question de la présence d’une endométriose.

L’infertilité : les femmes endométriosiques ont des difficultés à procréer. De même, une partie des femmes stériles sont victimes d’une endométriose. Cependant le degré d’infertilité dépend de la progression de la maladie. Certaines font le choix de recourir à la procréation médicalement assistée. Notez que la fréquence et la sévérité des symptômes est la même que le sujet soit fertile ou non.

Les douleurs de dyspareunie : il s’agit de violentes douleurs survenant lors de rapports sexuels. Elles sont reproductibles d’un rapport à un autre et affectent profondément la vie sexuelle de la femme endométriosique.

Les troubles digestifs : les femmes endométriosiques ont une hypersensibilité viscérale, une proportion élevée de troubles intestinaux et de syndrome irritable du colon. Cependant les symptômes digestifs sont secondaires à la réaction inflammatoire générée par les cellules endométriosiques implantées sur les parois digestives. Les symptômes qui apparaissent généralement sont la diarrhée, la constipation, rectorragies, défécations douloureuses.

Les troubles anxiodepressifs : ils sont beaucoup plus liés aux douleurs pelviennes et aux caractères chroniques de la maladie. Il s’agit d’altération du sentiment de bien-être, de l’intégration sociale, de la sexualité, de la vie de famille et de couple.

Les douleurs abdomino-pelviennes : elles se retrouvent dans les cas d’une atteinte profonde des intestins. Elle est due aux adhérences et aux atteintes du tube digestif. Elles sont variables et non spécifiques.

L’endométriose est une maladie qui est assez difficile à diagnostiquer et à soigner. De nombreuses études sont en cours sur le sujet et des traitements symptomatiques sont pour le moment prodigués aux malades. Il n’y a cependant pas encore de traitement standard. Ce qui est compréhensible quand le diagnostic même de la maladie est des plus délicats. D’où l’importance de se faire dépister au plus tôt et de commencer à se faire suivre dès que possible par un gynécologue. Si le stade de la maladie n’est pas encore avancé, il existe des traitements pouvant ralentir la maladie et vous aider à affronter les douleurs. Nous vous en dirons davantage dans un prochain article.