Santé

L’automédication bonne ou mauvaise pratique?

L’automédication bonne ou mauvaise pratique?
L’automédication bonne ou mauvaise pratique?

L’automédication est une pratique très répandue à travers les pays en voie de développement, tout particulièrement en Afrique. Les raisons qui justifient cela sont entre autres le besoin d’économie et l’échec d’un suivi thérapeutique. Elle repose généralement sur ce que les gens savent des médicaments et de la communication de bouches à oreilles. Malheureusement, les informations détenues par la population sont généralement relatives à quelques cas d’utilisation spécifiques. De ce fait, l’automédication peut avoir plus de risques que d’avantages.

L’automédication, qu’est-ce-que c’est?
L’automédication désigne le fait de se soigner soi-même, au sens restreint du terme. Toutefois, cette définition implique l’existence d’un mal qui justifie la prise de médicament ou de quelque remède que ce soit. Au sens plus large, l’automédication est toute action qui vise à prendre soin de sa personne. Elle comprend toute action à but préventif et bénéfique, aussi bien que la réponse à un état de santé problématique. Il ne s’agit pas seulement de prendre un médicament au sens littéral du terme, mais de prendre des substances dont on attend des effets bénéfiques pour la santé.

Raisons de l’automédication
Les raisons qui poussent les populations à l’automédication sont de plusieurs ordres. Il y en a qui sont d’ordres socio culturelles, économiques, physiologiques ou liées à l’intensité de la douleur. Cependant les symptômes ont une grande part de responsabilité dans l’automédication. Il y a un certains nombres de symptômes pour lesquelles les gens sont moins enclins à consulter parce que les jugeant trop bénins. On peut citer entre autres les céphalées, les tensions musculaires, l’insomnie, les maux de ventre, la nervosité…Cependant il y a une nette différence entre un mal de ventre tolérable qu’on pourra éliminer avec du bicarbonate et une douleur aigue d’appendicite qui vous fera consulter. Donc ces symptômes qui peuvent paraître insignifiants, peuvent également être associées à des maladies graves sous-jacentes. Et celles-ci peuvent nécessiter des soins plus sérieux.
D’un point de vue médical, il existe des situations où l’automédication est tout à fait recommandée. Par exemple les médicaments qui agissent sur la grippe sans modifier le cours de la maladie, la désinfection des plaies et blessures, la prise d’anti acide pour la prévention d’ulcère gastrique.

Les sources d’informations à disposition du public
L’automédication se base sur les connaissances que le consommateur a sur les produits ingérés. Ces informations peuvent venir de plusieurs sources et la qualité de la source détermine l’efficacité et la sécurité du traitement applique. Ces sources sont principalement les proches, internet, la télévision, les livres la presse, les professionnels de la santé.
Les proches : c’est la plus répandue et la plus puissante source d’information de ce domaine. Il peut s’agir des remèdes ancestraux transmis de mère à fille, ou de connaissance reçue de ses ainés dans la sphère familiale. Devant son enfant fiévreux, par exemple, une jeune maman suivra le conseil de sa mère qui lui administrait, en son temps, du jus de citron et appuyé par une compresse d’eau froide. Si ces proches ont une connaissance de base en médecine, les remèdes prescrits sont beaucoup plus fiables et le malade aura beaucoup moins tendance à se renseigner ailleurs.

Internet : c’est aujourd’hui la deuxième source d’information sur le plan de l’automédication. Elle fournit à peu près tout au consommateur. On peut y avoir recours pour établir un diagnostic, approfondir ses connaissances sur divers sujets de santé ou encore s’approvisionner sur un grand nombre de produits de santé. Les consommateurs considèrent ce qu’ils y trouvent à priori vrai. Cependant les diagnostics établis se font souvent sur la base d’un symptôme parmi plusieurs. De ce fait vous pouvez vous trouver confronté à plusieurs diagnostics suivant les sites de consultation, plusieurs choix sans probabilités relatives à chacun d’eux. Si vous allez ensuite consulter un médecin, il a déjà en tête une idée de son diagnostic. Si éventuellement le médecin n’abonde pas dans le sens de vos recherches, il pourrait s’installer une manque un obstacle dans la relation patient-médecin.
Les livres : ils sont de moins en moins consultés mais restent néanmoins une source d’informations non négligeable. On trouve plusieurs catégories d’ouvrages relatifs à la question de la santé.
Ceux qui contiennent des conseils préventifs, d’hygiène, et de médecine alternative éventuellement ou des maladies bénignes. Ils ne sont pas à risque pour la population puisqu’on y considère les rôles du médecin et du pharmacien comme référence principale.
Ensuite vient la catégorie des recueils de livres traitant de diverses pathologies avec les symptômes associés. Dans ces ouvrages il est généralement recommandé de consulter un médecin aux premiers symptômes associés à un mal sérieux. Ils fournissent également quelques conseils sur des traitements parallèles (phytothérapie par exemple) à ceux du médecin.
S’en suit la catégorie des ouvrages rejetant les médicaments et proposant plutôt des alternatives totalement naturelles comme la phytothérapie, l’aromathérapie… des sciences purement empiriques, ne faisant aucune mention d’un médecin. Mais cependant elles contiennent des choses cohérentes et en adéquation avec les connaissances scientifiques actuelles.

La presse : dans ce registre, on distingue les magazines de santé distribués gratuitement dans les centres de santé ou pharmacie et les magazines vendus en kiosque. Les premiers fournissent généralement des articles fournis par des professionnels de la santé et sont fortement fiables. Elles peuvent également contenir des publicités de nouveaux médicaments mis sur le marché. Dans la deuxième catégorie, on retrouve des articles écrits sur des acteurs de santé mais pas forcément par des professionnels de santé. Cependant ces publications s’appuient généralement sur des sources fiables.

La télévision : elle est sans doute la source d’information la plus accessible. Elle sensibilise les masses grâce à des émissions spécialisées, des publicités et des reportages spécialisés. En fonction du canal d’information, l’information est plus au moins fiable. Mais elle nécessite souvent de se rapprocher d’un médecin.

Les professionnels de santé : elles regroupent médecins et pharmaciens. Dans les zones urbaines, les populations sont plus enclines à consulter un pharmacien qu’un médecin. Le médecin est généralement le dernier recours. Par contre dans les zones rurales, les populations vont directement voir le médecin.

Les impacts possibles des médicaments ingérés
Le médicament choisi par le patient n’est pas bon : cet aspect de la chose peut se présenter dans deux cas. Dans un premier cas, le patient se rend à la pharmacie avec l’intention d’acheter un médicament. Mais ce médicament peut ne pas soigner le mal dont il souffre. Dans ce cas, une consultation de l’avis du pharmacien pourra le réorienter vers un remède plus adapté.
Dans le second cas, le patient va en pharmacie prendre un remède qui correspond au mal dont il souffre mais le médicament ne le guérit pas lui. Ces cas sont rares mais se produisent. Il est indispensable dans ce cas de consulter un médecin afin de se faire prescrire un médicament correspondant à votre métabolisme. Car ces médicaments ont beau être courant, chaque métabolisme est unique.

Des effets indésirables : il peut s’agir d’effets intrinsèques au médicament, à dose thérapeutique ou en surdose ou toute autre mauvaise utilisation. Il peut également s’agir d’effets secondaires, d’allergies à l’un quelconque des composants, de risques cancérigènes ou tératogènes. Bien entendu, ce genre de risques est généralement évité avec les médicaments en vente libre. Mais on ne peut évaluer de façon précise les risques auxquels s’exposent un sujet lors de la prise d’un médicament non prescris par un médecin.

Les interactions médicamenteuses : généralement, ce danger est souligné dans les notices pour décourager la prise insouciante des médicaments. Mais il peut véritablement se produire des cas d’interactions médicamenteuses. La prise de certains remèdes naturels alors que vous êtes sous antidépresseurs, ou la prise de somnifères et de certains remèdes pour des maladies courantes. Dans les pays développés, ce genre de problème se pose rarement parce que le pharmacien dispose du ‘’dossier’’ patient de chaque client. Il y répertorie les médicaments achetés par ce dernier et peut ainsi contrer ce genre de problèmes.

Induction d’une dépendance : ce genre de problème peut survenir pour les personnes prenant des somnifères, des antidépresseurs, des antidouleurs ou encore des chewing-gums pour arrêter de fumer, pour ne citer que ceux-là. Certaines de ces dépendances peuvent s’avérer à moyen ou long termes très dangereuses pour le patient. Le pharmacien peut, néanmoins, avec un peu d’attention, remarquer le problème et y pallier.

L’interférence avec la santé du malade ou son suivi médical
Le retardement de la prise en charge médical : la prise de certains médicaments peut soigner uniquement un symptôme et non la maladie sous-jacente. D’un point de vue consommateur, le médicament ingéré semble guérir jusqu’au jour ou vous vous rendez compte que ça ne va toujours pas. L’automédication dans ce cas, n’a fait qu’offrir à la pathologie le temps de se développer.

La médicalisation de la santé : la prise de certains médicaments comme les vitamines, les produits amaigrissants, les alicaments ont tendances à soulager la conscience de certains consommateurs vis-à-vis de certains comportements à risques. Parmi ces comportements à risque, il y a la mauvaise alimentation, la mauvaise hygiène, la cigarette. Les médicaments ne sont absolument pas une alternative à des gestes de bien-être fondamentaux ou une hygiène de base.

La non observance thérapeutique : Il a été un lien entre l’automédication et la non observance thérapeutique. On ignore celui qui entraîne l’autre mais une chose est certaine, ceux qui pratiquent l’automédication sont plus enclins à la non observance thérapeutique. Celui qui pratique l’automédication arrêtera systématiquement son traitement à l’atténuation ou la disparition de ses symptômes. Alors que celui qui suit une prescription médicale aura tendance à finir son traitement même s’il se sent mieux avant la fin de la durée du traitement. De plus, si des effets indésirables apparaissent lors d’une automédication concomitante à une prescription médicale, la tendance sera d’arrêter le traitement prescrit plutôt que l’automédication.

Le cas particulier des médicaments combinés : comme leurs noms l’indiquent, ces médicaments contiennent plus d’une substance active. Il en existe beaucoup, on les retrouve par exemple parmi les antigrippaux. Leur prescription permet de réduire le nombre de comprimés à ingérer. Ils ne sont normalement pas en vente libre. Leur consommation sans contrôle peut conduire à des cas de néphropathies, neuropathie myélo-optique, amebicide luminal… en gros les risques auxquels exposent ces médicaments sont plus nombreux que les autres.

L’automédication n’est pas une mauvaise chose en soit. A condition de se pratiquer dans les cas les plus bénins, sur de courtes durées et avec des médicaments à faibles risques. Le pharmacien est un conseiller à ne pas négliger en cas d’automédication. Il est important de prendre connaissance de la posologie des médicaments avant de les ingérer. Et surtout, ne jamais hésiter à consulter l’avis d’un médecin.